Les Essais (La Pléiade)

Les Essais (La Pléiade)

Editorial: Gallimard

Páginas: 0

Año: 2007

EAN: 9782070115051

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Cette édition reproduit le texte de l´édition posthume publiée en 1595 par les soins de Marie de Gournay, la « fille d´alliance » de Montaigne, à partir de l´ultime mise au net préparée par l´auteur. Peut-être faut-il rappeler les enjeux de ce choix. Montaigne commence à écrire vers 1571. L´édition originale des Essais, composée de deux livres, paraît en 1580, et est suivie deux ans plus tard d´une réimpression révisée. En 1588, nouvelle édition, profondément modifiée et augmentée ; Montaigne y développe les références personnelles ou autobiographiques, et surtout il ajoute un « allongeail », le livre III. À sa mort, en 1592, aucune autre édition n´a vu le jour. Pourtant, peu après la sortie de l´édition de 1588, Montaigne a recommencé à corriger son livre. De son travail témoigne le fameux « Exemplaire de Bordeaux », un volume de 1588 qui porte d´innombrables additions et corrections autographes, ce qui fait de lui sinon le laboratoire, du moins l´un des « ateliers » des Essais. Depuis près d´un siècle, cet exemplaire a été considéré comme l´expression de la dernière volonté littéraire de Montaigne, et c´est lui que l´on a édité. Du même coup, on a négligé la première édition posthume, celle de 1595, que l´on a parfois même déclarée « apocryphe » et qui récemment encore était inaccessible au grand public. L´édition de 1595 constitue pourtant la seule version imprimée de l´ultime état des Essais. L´Exemplaire de Bordeaux n´est pas une mise au net : il n´est pas directement exploitable par un imprimeur et n´était d´ailleurs pas destiné à être imprimé en l´état. Si on le compare au volume de 1595, comme le fait Jean Balsamo dans l´une des introductions de la Pléiade, on constate, parmi d´autres phénomènes, que l´édition posthume offre dans de nombreux cas un texte plus développé que celui de l´Exemplaire de Bordeaux. Une patiente étude montre que les passages ajoutés, parfois longs de plusieurs lignes, sont attribuables à Montaigne lui-même. L´édition de 1595 a été établie avec soin d´après une copie différente de l´Exemplaire de Bordeaux, et plus « avancée » que cet exemplaire. Le choix de l´édition de 1595 est donc celui du texte le plus abouti, le plus complet, et aussi le plus homogène. En effet, l´Exemplaire de Bordeaux a été amputé lorsqu´il a été relié, et des passages manuscrits ont été coupés : pour les éditer, il faut avoir recours... au texte de 1595, ce que font ceux-là même qui dénigrent cette édition ! De plus, le statut hybride de l´exemplaire, en partie imprimé, en partie manuscrit, exige que l´on intervienne pour homogénéiser sa graphie, sa ponctuation, sa présentation. Autant d´interventions qui font qu´une édition de l´Exemplaire de Bordeaux ne peut être qu´un artefact. Ce qu´on lira désormais dans la Pléiade, c´est donc la version que connurent les contemporains de Montaigne, que lurent Descartes, Pascal, Rousseau, Diderot et les autres, et qui a établi la renommée littéraire de l´auteur : celle de 1595. Afin de faciliter la compréhension du texte, les notes de langue (vocabulaire et syntaxe) et la traduction des citations latines, grecques, italiennes et espagnoles figurent au bas des pages de texte. La présente édition propose en outre, comme un dossier de la genèse des Essais, la transcription des annotations portées par Montaigne en marge de certains livres, ainsi que les sentences peintes sur les poutres de sa « librairie ».