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AQ

Berque, Augustin

La pensée paysagère

  • Editorial: Archibooks
  • Páginas: 110
  • Año: 2008
  • Precio: 16.90 €
  • EAN: 9782357330023

Augustin Berque, géographe et orientaliste, professeur à l’EHESS, étudie les rapports de l’homme avec son environnement. Son approche philosophique et humaine du fait géographique lui a inspiré une théorie du paysage baptisée « pensée paysagère ». A l’instar d’Alain Roger, (La Théorie du paysage en France), il considère que le paysage est un objet culturel et subjectif, irréductible à l’espace physique, qui n’existe pleinement que sous le regard du citadin qui le contemple. Loin d’être consubstantiel à l’environnement qui constitue le territoire d’un peuple, le paysage n’apparaît réellement dans l’histoire d’une culture qu’à la faveur de cinq critères réunis : une littérature pour le célébrer, une architecture pour en jouir, une peinture pour le représenter, un lexique pour le désigner et le nommer, des lieux d’agrément conçus pour la délectation de la vue et une réflexion, une pensée du paysage. Pourtant, c’est là que se niche le paradoxe de notre modernité, plus cette pensée se développe, moins la beauté réelle des paysages subsiste : le discours pléthorique des théoriciens de l’espace est le plus sûr symptôme du massacre du paysage. En matière d’aménagement du territoire, nos sociétés contemporaines n’engendrent que laideur, avec pour corollaire le développement de politiques patrimoniales qui sanctuarisent les lieux de façon artificielle et muséale. L’auteur nous met en garde contre ces tentations fétichistes qui transforment les lieux en objets de consommation touristique ou écologique. La vogue même du Fengshui, censée réconcilier l’Occident avec une forme d’harmonie cosmique et contrer la réduction de notre environnement à un paradigme économique, dissimule mal la nostalgie d’une pensée paysagère rationnelle.

En brassant des disciplines aussi diverses que l’étymologie, la littérature, l’histoire de l’art et l’ethnologie, Augustin Berque tente d’expliquer la contradiction essentielle entre le fait de penser le paysage et celui d’en jouir. Des Six Dynasties de la Chine méridionale (IIIè-VIè siècles) aux sociétés berbères de la vallée du Seksawa, dans le Haut Atlas marocain, en passant par les mythes aborigènes de la Cluse d’Anthwerrke au cœur de l’Australie, sa méthode comparatiste lui fait parcourir l’histoire d’une multitude de continents. Au terme du périple, les responsables de la destruction paysagère sont identifiés : les philosophes classiques du paradigme occidental moderne que sont Bacon, Galilée, Descartes ou Newton, en concevant l’espace comme absolu et homogène, infini et décentré, ont anéanti la possibilité du paysage, par essence singulier, hétérogène, orienté et limité par l’horizon. Pour sortir de cette impasse, une solution : substituer au dualisme cartésien, qui ne laisse le choix qu’entre déterminisme ou essentialisme, les trois ordres ontologiques que sont l’écoumène (le règne de l’humain), la biosphère (le règne du vivant) et la planète (le règne de la réalité physique) pour penser enfin l’homme dans son milieu et concevoir le paysage comme son mode d’inscription dans l’environnement.

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